Tu portes ce livre depuis des années. Si tu t'y mets aujourd'hui, c'est que quelque chose a bougé dans ta vie.
Tu vas quitter ton poste. Ta méthode a enfin fait ses preuves. Tes enfants sont partis. Ta mère a quatre-vingt-quatre ans. Tu sens que si tu ne l'écris pas cette année, tu ne l'écriras jamais.
Cette raison, c'est souvent la meilleure première page de ton livre. Ton lecteur sent tout de suite que tu as quelque chose à lui dire aujourd'hui, et il lit la suite pour savoir ce que ça va changer. C'est vrai pour un livre sur ton métier, pour un roman et pour des mémoires.
D'après notre expérience, les auteurs qui vont jusqu'au point final ont presque tous une réponse à cette question. Ceux qui n'en ont pas repoussent leur livre à l'année suivante, puis à celle d'après.
Trois exemples de réponses
Je forme des managers depuis quinze ans, et je vois les mêmes erreurs revenir. L'an prochain, je passe la main. Ce livre, c'est ce que je veux laisser.
Pour un livre sur son métier
Cette histoire me trotte dans la tête depuis la mort de mon grand-père. J'ai enfin l'âge de comprendre ce qu'il ne disait pas.
Pour un roman
Ma mère a quatre-vingt-quatre ans. Je veux qu'elle lise ce livre.
Pour un récit de vie
On te la pose dès le débutSur un écran noir, en cinq minutes, avec deux autres questions : pour qui tu écris, et ce qui se passe si ce livre n'est jamais écrit. Tes réponses deviennent ton pacte d'auteur, une phrase que tu signes de ton nom et que tu pourras changer si ta raison change en route.
Ton coach la garde pour les jours difficilesIl ne te la répète pas à chaque message. Il te la rappelle le jour où tu doutes, souvent vers le troisième chapitre, avec tes propres mots.
Une question t'attend tous les deux joursSur ton accueil, une nouvelle question te fait réfléchir à ton livre. Une fois sur trois, elle te rappelle ce que tu t'étais promis au début, et te demande si c'est toujours vrai.